Mâchoire serrée, tête lourde, traits crispés. Le visage porte le poids de nos expressions répétées et de nos tensions non relâchées. Les fascias du visage mémorisent tout cela, et c'est une zone rarement travaillée, qui réserve souvent de belles surprises.
Les fascias mimétiques enveloppent et interconnectent les muscles du visage : ceux qui sourient, froncent, plissent les yeux, serrent la mâchoire. Contrairement aux fascias du dos ou des jambes, ces tissus sont directement liés à l'expression émotionnelle et au langage non-verbal. Tout ce que nous répétons, ressentons, retenons s'y inscrit progressivement.
L'articulation temporo-mandibulaire (ATM) est l'une des plus sollicitées du corps : mastication, parole, déglutition, serrage nocturne. Quand la tension s'accumule, les muscles masséter et temporal se durcissent, la mâchoire se bloque partiellement, et les douleurs irradient vers la tête, les oreilles, la nuque.
Je suis amené en séance à travailler sur les visages. Les personnes arrivent avec des problématiques de douleur à la mâchoire, à la tête, à la nuque. La particularité du travail sur le visage est de restaurer la fluidité des myofascias qui nous servent à communiquer nos émotions.
Si tout au long de notre vie nous répétons des expressions du visage, la tension chronique s'accumule dans nos muscles faciaux et nous nous retrouvons coincés avec un certain visage. Le relâchement de la tension dans les fascias mimétiques libère les émotions sous-jacentes qui sont bloquées.
Des études démontrent que les expressions figées déclenchent le sentiment de l'émotion correspondante. Si notre visage est en mode triste, nous aurons plus de chance de nous sentir triste. Les séances de fasciathérapie permettent de libérer ces tensions pour retrouver notre visage original.
Guillaume Robert
Armijo-Olivo et al. (2016) ont conduit une revue systématique sur l'efficacité de la thérapie manuelle dans les dysfonctions temporo-mandibulaires. Résultat : la thérapie manuelle, incluant le relâchement myofascial, réduit significativement la douleur et améliore l'amplitude d'ouverture de la mâchoire. La composante myofasciale est identifiée comme centrale dans ces dysfonctions.
Revue systématique Armijo-Olivo S et al., Physical Therapy, 2016
Davis et al. (2010) ont étudié l'effet des injections de Botox sur l'expérience émotionnelle. En réduisant la mobilité des muscles du visage, le Botox atténuait la capacité des participants à ressentir pleinement certaines émotions. Ce résultat confirme le lien réciproque entre expression faciale et vécu émotionnel : un fascia du visage chroniquement tendu peut entretenir un état émotionnel correspondant.
Étude expérimentale Davis JI et al., Emotion, 2010
Fernández-de-las-Peñas et al. (2007) ont identifié des points gâchette actifs dans les muscles temporal et masséter chez des patients souffrant de céphalées de tension chroniques. Ces points reproduisent la douleur caractéristique et entretiennent la sensibilisation centrale. Leur traitement par thérapie manuelle réduit la fréquence et l'intensité des céphalées.
Étude clinique Fernández-de-las-Peñas C et al., Cephalalgia, 2007
La fasciathérapie ne se substitue pas à une consultation médicale ou dentaire. En cas de douleur de mâchoire, un bilan médical est recommandé au préalable.
Cabinet 38 avenue Wilson à Béziers, 5 min à pied de la gare. Accessible depuis Montpellier (35 min), Narbonne (15 min) et Agde (20 min) en train.
La fasciathérapie ne se substitue pas à une consultation médicale auprès d'un professionnel de santé.